La fracturation hydraulique

La fracturation hydraulique est un procédé de récupération du pétrole ou du gaz naturel piégés dans des formations non-poreuses ou « étanches » comme le schiste.

Ce procédé de récupération dite « non classique » a donné accès à des ressources qui étaient auparavant trop coûteuses à exploiter. Très réglementée par le gouvernement, la fracturation hydraulique est utilisée de façon sécuritaire depuis plus de 60 ans et a récemment été appliquée aux gisements de pétrole et de gaz naturel en réservoir étanche.

Les faits sur la fracturation hydraulique (En anglais)

Les étapes de la fracturation hydraulique

1. Forage

Le puits est d’abord foré verticalement. Les réserves de gaz naturel non classique se trouvent généralement à deux ou trois kilomètres sous la surface terrestre, soit des centaines de mètres plus profond que l’eau souterraine potable. Une fois que le puits atteint la formation ciblée, il est dévié à l’horizontale à travers la formation. Ce forage horizontal peut se poursuivre sur un kilomètre ou plus.

2. Tubage de surface et intermédiaire

Les couches à proximité de la surface, incluant le sol et les eaux souterraines, sont protégées par une enveloppe en acier et en ciment qui crée une barrière solide entre le puits et les sources d’eaux souterraines. Un tubage intermédiaire est installé encore plus profondément sous les sources d’eaux souterraines afin d’ajouter un niveau de protection supplémentaire.

3. Perforation du puits

Avant la fracturation, l’enveloppe du puits de forage est perforée pour permettre au fluide de fracturation d’être poussé hors du puits à l’intérieur de la formation rocheuse, et de libérer le pétrole et le gaz naturel qui seront extraits vers la surface. La perforation cause des fissures dans la formation, qui seront élargies durant la fracturation.

4. Fracturation

Un fluide composé d’eau, de sable et d’un faible volume d’additifs est pompé dans le puits sous haute pression pour fissurer davantage la formation rocheuse. Ces fissures s’étendent de 50 à 100 mètres à partir du puits horizontal. Le sable maintient l’ouverture des fissures, ce qui assure un passage au pétrole et au gaz naturel qui seront dirigés vers le puits pour l’extraction. Il suffit habituellement de fracturer la formation une seule fois pour l’exploiter ensuite pendant 20 à 30 ans.

La fracturation est-elle nuisible ?

Les technologies de fracturation ont révolutionné le marché canadien de l’énergie en offrant de nouvelles façons de récupérer du pétrole ou du gaz naturel en réservoir étanche qui étaient auparavant trop coûteux à exploiter. Bien qu’il n’y a rien de foncièrement nuisible dans la fracturation hydraulique, celle-ci soulève des inquiétudes au niveau des impacts environnementaux, plus particulièrement la contamination des eaux, les séismes induits, et le torchage et la mise à l’air du méthane et d’autres gaz.

La fracturation hydraulique surtout des avantages. Très réglementée, elle a conduit à la création de milliers d’emplois et génère des revenus gouvernementaux sous forme de taxes et de redevances. La fracturation hydraulique offre aussi une source accessible de gaz naturel aux projets d’usines de GNL actuels et à l’étude sur la côte Ouest du Canada.

Fluide utilisé pour la fracturation

Le fluide de fracturation hydraulique est composé d’eau et de sable à environ 98,5 %. Le 1,5 % restant comprend les additifs qui confèrent au fluide de fracturation certaines propriétés antibactériennes et anticorrosives. La composition du fluide varie d’une formation rocheuse à l’autre.

Tous les additifs doivent être conformes à la réglementation fédéral et provinciale. En Alberta, l’Alberta Energy Regulator (AER) supervise l’utilisation de l’eau dans l’exploitation du pétrole et du gaz naturel en réservoir étanche. L’industrie applique aussi les meilleures pratiques de gestion des additifs de fracturation hydraulique, incluant des plans d’atténuation des risques dans la perspective improbable d’un déversement.

En Alberta et en Colombie-Britannique, les additifs de fracturation hydraulique doivent être divulgués publiquement, incluant leur fonction, leur fabricant, leurs ingédients et  Ieur numéro de registre CAS (Chemical Abstract Registry). Ces informations sont acccessibles dans la base de données en ligne FracFocus.

Protection des eaux souterraines

La réglementation et les pratiques recommandées dans l’industrie assurent que les ressources en eau souterraines sont protégées durant la fracturation hydraulique.

Les aquifères d’eau potable se trouvent généralement à moins de 300 mètres de profondeur. Les puits servant à la fracturation hydraulique sont forés jusqu’à 2 000 ou 3 000 mètres de profondeur, bien en-dessous des aquifères qui fournissent l’eau potable.

Tous les puits sont bâtis pour protéger les eaux souterraines avec de multiples couches d’enveloppe en acier, insérées et cimentées sur place pour créer une barrière solide entre le puits et les sources d’eau.

Lignes directrices de l’industrie

L’industrie canadienne du gaz et du gaz et du pétrole de schiste ou en réservoir étanche promeut une approche responsable de la fracturation hydraulique et de la gestion des eaux, et elle est engagée à améliorer continuemment sa performance environnementale. La protection des eaux pendant toutes les étapes d’approvisionnement, d’utilisation et de manipulation est une priorité de premier plan pour l’industrie, et celle-ci soutient et se conforme à tous les règlements en vigueur sur la fracturation hydraulique et l’utilisation des eaux.

En plus des réglements sur la fracturation hydraulique, l’utilisation et la protection des eaux, l’industrie canadienne du pétrole et du gaz naturel suit les Principes directeurs de l’ACPP pour la fracturation hydraulique.

Utilisation de l’eau pour la fracturation hydraulique

L’industrie s’efforce actuellement d’accroître l’usage de solutions alternatives et de réduire le volume total des eaux de surface et souterraines utilisées pour la fracturation hydraulique. De nouvelles technologies ont été développées pour nécessiter moins d’eau.

Un bon exemple de gestion efficace des eaux est le travail de Shell Canada dans le projet Shell Groundbirch en Colombie-Britannique, où l’utilisation des eaux locales a été réduite de plus de 98 % en faisant appel à des eaux recyclées.