Les pipelines

Appelés oléoducs ou gazoducs selon qu'ils transportent du pétrole ou du gaz naturel, les pipelines forment un élément essentiel des infrastructures pétrolières et gazières au Canada. Ils offrent le moyen le plus sûr et efficace de transporter de larges quantités de pétrole ou de gaz naturel de leurs lieux de production vers les rafineries, les usines pétrochimiques ou les entreprises et habitations.

Plus de 830 000 km de pipelines traversent le Canada, et ils sont tous réglementés. De ce nombre, 73 000 km (ou près de 10 %) sont de grands pipelines de transport réglementés par le gouvernement fédéral. Le reste du réseau est sous la surveillance des provinces.

Carte des oléoducs 2019

La carte ci-dessous représente les principaux oléoducs et raffineries de pétrole brut en Amérique du Nord.


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Types de pipelines

Le réseau de pipelines canadien est composé de quatre principaux types de canalisations pour la collecte, le transport et la distribution d’énergie aux marchés canadiens et américains.

Pipelines de collecte

Le Canada compte environ 250 000 km de pipelines de collecte, soient des canalisations de petit diamètre qui transportent le pétrole brut et le gaz naturel à l’intérieur des zones de production, entre les puits, les batteries (petits équipements ou installations) et les installations de traitement.

Pipelines d’amenée

Environ 25 000 km de pipelines d’amenée transportent le pétrole brut, le gaz naturel et les liquides de gaz naturel (LGN) entre les points de collecte (batteries), les installations de traitement, les réservoirs de stockage et les pipelines de transport. Ils sont situés principalement dans les zones de production de l’Ouest canadien.

Pipelines de transport

Les pipelines de transport sont des canalisation de grand diamètre qui transportent le pétrole brut et le gaz naturel à l’intérieur d’une province ou vers d’autres provinces et les États-Unis. Le Canada compte environ 100 000 km de pipelines de transport.

Pipelines de distribution

Les pipelines de distribution sont opérés par les distributeurs locaux qui desservent les entreprises et les habitations. Ces pipelines de plus petit diamètre constituent un réseau d’environ 450 000 km au Canada.

Des pipelines essentiels pour le Canada

Trois importants projets d’oléoducs sont actuellement à l’étude ou en cours de réalisation au Canada. Ces projets d’infrastructures sont essentiels pour le pays, car ils vont créer des emplois de qualité pour les Canadiens, et vont donner accès aux marchés internationaux en croissance pour permettre au Canada d’obtenir la pleine valeur de ses ressources en pétrole et en gaz naturel. Cependant, les trois projets subissent des délais importants, entre autres pour des raisons légales. Il s’agit du remplacement de la ligne 3 d’Enbridge, du pipeline Keystone XL, et de l’expansion de Trans Mountain.

Remplacement de la ligne 3 d’Enbridge

Ce projet vise à remplacer un oléoduc existant de 1 660 km construit dans les années 1960. Il sert actuellement au transport du pétrole d’Edmonton (Alberta) à Superior (Wisconsin).

Le projet consiste à remplacer l’ensemble de l’oléoduc au Canada et aux États-Unis par un pipeline de plus grand diamètre, et à mettre à niveau les installations associées des deux côtés de la frontière.

Équipée des plus récentes technologies, la nouvelle ligne 3 offrira la capacité accrue qui est nécessaire à absorber la hausse de la production canadienne de pétrole brut et à répondre à la demande des raffineries canadiennes et américaines. Une fois mené à terme, le projet ajouterait 370 000 barils par jour de capacité additionnelle aux infrastructures canadiennes de transport de pétrole.

Pour plus de détails, consultez le site d’Enbridge à Enbridge.com.

Pipeline Keystone XL

L’actuel système d’oléoducs de Keystone transporte du pétrole brut vers les raffineries du Midwest et de la côte du golfe du Mexique. Il s’étend de Hardisty (Alberta) à Steele City (Nebraska). À partir de là, le pétrole brut peut être acheminé à l’Est vers les terminaux de Wood River et de Patoka (Illinois), ou au Sud vers Cushing (Oklahoma) et les marchés de la côte américaine du golfe du Mexique. La capacité du système est de 591 000 barils/jour.

La portion Sud du pipeline Keystone XL comprend l’expansion de l’oléoduc sur la côte du golfe du Mexique et le tronçon de Houston. La portion canadienne du pipeline offrirait un nouveau moyen d’acheminer le pétrole brut canadien vers la côte du golfe du Mexique, directement par un seul système. Une fois mené à terme, le projet ajouterait 890 000 barils/jour de capacité d’exportation du pétrole.

Expansion de Trans Mountain

L’actuel système de Trans Mountain achemine du pétrole brut et des produits raffinés depuis Edmonton (Alberta) vers plusieurs destinations de la Colombie-Britannique et de l’État de Washington, ainsi que le terminal maritime de Burnaby (C-.B.). À partir de Burnaby, le pétrole brut peut être exporté vers la Californie, la côte américaine du golfe du Mexique, ou encore vers l’Asie.

La capacité actuelle du pipeline est de 300 000 barils/jour. De ce nombre, 221 000 b/j sont destinés à des raffineries connectées en C.-B. et dans l’État de Washington. Les 79 000 b/j restants sont acheminés au terminal de Westridge pour l’exportation par bateau.

Construction des pipelines

Le processus de construction des pipelines comprend trois phases : la pré-construction, la construction et la post-construction. Toutes impliquent des opérations étroitement coordonnées par une équipe nombreuse de professionnels d’expérience.

De la planification à la mise en œuvre, la construction d’un pipeline prend plusieurs années. Plusieurs examens, études et plans doivent être complétés pour prendre en compte toutes les considérations d’ordre social, développemental, environnemental et sécuritaire dans la construction du pipeline.

Pour plus de détails sur les pipelines canadiens et leurs opérateurs, consultez le site de l’Association canadienne de pipelines d’énergie.

Sûreté des pipelines

Les pipelines offrent un moyen sûr, efficace et environnementalement responsable de transporter du pétrole et du gaz naturel. Presque tous (99 %) les produits pétroliers et gaziers acheminés dans les pipelines de transport se rendent jusqu’à leurs marchés de façon sécuritaire. (Source : Association canadienne de pipelines d’énergie, 2017).

L’industrie se conforme à tous les règlements et adopte les meilleures pratiques de gestion pour assurer le transport sécuritaire de l’énergie. Les opérateurs de pipelines doivent établir des programmes de conception sécuritaire, d’urgence, de sûreté, de gestion de l’intégrité et de protection environnementale, qui sont tous examinés et vérifiés par l’Office national de l’énergie (ONE, devenu la Régie de l’énergie du Canada ou REC) dans le but d’anticiper, de prévenir et d’atténuer toute situation potentiellement dangereuse. Les opérateurs ont aussi recours à des systèmes sophistiqués de surveillance et de contrôle 24/7 qui leur donnent les données en temps réel, et ils effectuent des inspections de routine et des patrouilles aériennes au-dessus de leurs pipelines.

Ces pratiques permettent d’améliorer continuellement la sûreté des pipelines, comme en Alberta où les pipelines provinciaux sont supervisés par l’Alberta Energy Regulator (AER). Les données de l’AER indiquent qu’au cours de la dernière décennie, le nombre d’incidents sur les pipelines a baissé de 44 % alors que leur réseau gagnait de 11 % en longueur.

De nouveaux pipelines sont nécessaires au Canada

L’actuelle infrastructure canadienne de transport pétrolier et gazier est limitée. De nouveaux pipelines et expansions sont nécessaires pour accéder à de nouveaux marchés et pour servir les marchés actuels plus efficacement.

Le Canada a besoin de nouveaux pipelines dans toutes les directions pour acheminer sa production croissante de pétrole et de gaz naturel vers davantage de clients. Plsuieurs projets de pipelines ont été proposés pour continuer d’approvisionner les marchés américains, mais aussi pour répondre à la demande croissante des marchés de l’Inde et de la Chine. C’est le cas du projet d’expansion de Trans Mountain, et du gazoduc Coastal GasLink entre le Nord-Est de la C.-B. et l’usine de LNG Canada sur la côte Ouest.

Projet d’expansion Trans Mountain

En 2013, Kinder Morgan présentait à l’ONE le projet d’expansion Trans Mountain, destiné à faire passer la capacité du pipeline actuel de 300 000 barils/jour à 890 000 b/j. À la fin 2016, le projet a reçu l’approbation du gouvernement de la C.-B., de l’Office national de l’énergie, et du gouvernement du Canada. La construction devait débuter en 2017.

Suite à l’ingérence du gouvernement de la C.-B. et à l’opposition de militants écologistes, de quelques groupes autochtones et de membres du public, des retards ont forcé Kinder Morgan à interrompre ses dépenses non-essentielles en avril 2018. Le 29 mai 2018, le gouvernement du Canada signait une entente pour acheter l’actuel pipeline Trans Moutain ainsi que son projet d’expansion. Cette entente a été ratifiée par les actionnaires de Kinder Morgan en août 2018. Le gouvernement canadien n’a pas l’intention d’être propriétaire à long terme du pipeline, mais voulait s’assurer que le projet aille de l’avant dans un climat d’incertitude politique.

Le projet d’expansion Trans Mountain est une infrastructure essentielle pour acheminer l’énergie canadienne vers les marchés mondiaux et pour rétablir la confiance des investisseurs envers l’économie et le système politique canadiens. Une fois complété, le projet d’expansion Trans Mountain ajoutera 590 000 barils par jour de capacité de transport de pétrole brut et de produits raffinés vers les marchés nationaux et internationaux.

La construction et la mise en œuvre du projet d’expansion Trans Mountain est dans l’intérêt national. L’ACPP soutient l’engagement du gouvernement fédéral envers ce projet. En septembre 2019, la société Trans Mountain Corporation, qui opère l’actuel pipeline Trans Mountain et supervise la construction de son expansion, a commencé à mobiliser des entrepreneurs en construction et à déplacer de l’équipement et des sections de canalisation vers des zones de préparation en Alberta et en C.-B. en vue du début de la construction.

Source : ACPP, 2019